
Lapis-lazuli : le grimoire de la pierre

Photo : W.carter, Wikimedia Commons
L'invocation
Un bleu de nuit profond, pailleté d'or comme un ciel étoilé tenu dans la main. Prends-le dans ta main : il est dense, frais, et semble regarder en dedans.
Cette pierre a nourri des pharaons, des peintres et des prêtres. Elle sait garder un secret.
En bref
Famille minérale : roche composée de lazurite, de calcite et de pyrite
Dureté : environ 5 à 5,5 sur l'échelle de Mohs
Formation : roche métamorphique, riche en lazurite bleue
Couleurs : bleu profond, parsemé de pyrite dorée et de veines blanches
Chakra : troisième œil (chakra numéro 6)
Pour qui, pour quoi : pour celles et ceux qui cherchent la vérité intérieure, la parole juste, la concentration et le lien à leurs rêves.
Le nom et l'histoire
Son nom vient du latin « lapis », la pierre, et de l'arabe « lazaward », le bleu. Lapis-lazuli : la pierre bleue. Un nom qui est lui-même un voyage.
Elle est extraite depuis plus de six mille ans dans les montagnes d'Afghanistan, et commercée vers l'Égypte, la Mésopotamie et l'Inde. Les Égyptiens l'utilisaient dans les bijoux, les scarabées, et on en a retrouvé sur le masque de Toutânkhamon.
Les Sumériens la lui prêtaient aux dieux. Au Moyen Âge et à la Renaissance, elle fut broyée pour fabriquer l'outremer, un pigment plus précieux que l'or, réservé au manteau de la Vierge dans les tableaux.
Des siècles durant, elle a donc été la couleur du sacré. La tenir, c'est toucher à la plus ancienne bleuité du monde.
D'où elle vient
Le lapis-lazuli n'est pas un minéral mais une roche. Le bleu vient de la lazurite, les points dorés sont de la pyrite, les veines blanches de la calcite. La proportion de ces éléments dicte la qualité.
Le gisement historique est celui de Sar-e-Sang, en Afghanistan, utilisé depuis l'Antiquité. On en trouve aussi au Chili, en Russie, au Pakistan et ailleurs.
Les plus belles pièces sont d'un bleu intense et uniforme, avec peu de blanc. Trop de calcite blanche donne une pierre plus pâle et moins appréciée.
Ce que la tradition lui prête
Tout ce qui suit relève des traditions de lithothérapie, transmises de main en main. Ce sont des traditions de bien-être, jamais des promesses de guérison ni un conseil médical.
Le cœur. On le dit pierre de l'honnêteté et de l'amitié vraie. Il aide à dire ce que l'on pense avec justesse, sans dureté.
L'esprit. On lui prête la clarté, la mémoire, la concentration et l'intuition. Il accompagne les études, l'écriture, les décisions importantes.
Le corps. Les traditions de bien-être le relient à la gorge, à la voix et à la détente de la tête. Ces correspondances sont des traditions et ne remplacent pas un suivi médical.
Le spirituel. Pierre de sagesse, il soutient la méditation, le travail des rêves et la quête de vérité.
L'invisible. La tradition en fait un protecteur discret, qui éclaircit les situations confuses et révèle ce qui était caché.
Dans la pratique de la sorcière
La lune. Il se recharge à la pleine lune, qui convient à toutes les pierres.
La saison. L'automne et l'hiver, ses nuits profondes, mais il se porte toute l'année.
Le port. En pendentif sur la gorge, en bague ou en bracelet. Dans un sac de tarot, comme veilleur.
Un geste simple. Avant d'écrire une lettre importante ou de parler vrai à quelqu'un, tiens le lapis dans ta main. Respire. Dis-toi : « ce que je dirai sera juste ». Puis écris ou parle.
Avec les autres pierres. Il s'accorde avec la sodalite pour la clarté, avec l'améthyste pour la nuit et avec le quartz fumé pour s'ancrer.
Au quotidien
À la maison : sur le bureau d'écriture, près de la table de rêves, sur l'autel. Sur soi : en pendentif pour les jours de prise de parole.
Il aime les mots. Écris à côté de lui, il t'aidera à les trouver.
Pour bien la choisir et la garder
Choisis ta pierre à la main, si tu le peux. Elle doit être agréable au toucher et se laisser porter sans effort. Une pierre qui te plaît est déjà à moitié accordée : ne te force pas à prendre celle qu'on t'a dite meilleure.
Donne-lui un temps d'adaptation. Garde-la quelques jours sur toi ou près de ton lit avant de juger. Note ce que tu ressens dans ton grimoire, une phrase par jour suffit. Au bout d'une lunaison, relis, et vois si elle a sa place dans ta pratique.
Un petit rituel de lunaison. À la nouvelle lune, pose la pierre sur ton autel avec une intention écrite sur un papier. À la pleine lune, relis l'intention et remercie. Garde le papier dans ton grimoire.
Et si elle ne te parle pas, ce n'est pas grave. Les pierres ne sont pas des remèdes obligatoires, elles sont des compagnes. Offre-la à quelqu'un à qui elle ira mieux : c'est aussi une belle façon de la faire vivre.
Prendre soin de la pierre
Purifier. La fumigation, de préférence. L'eau très brièvement, sans tremper : la pierre est poreuse et sensible. Le sel est à éviter, il est très corrosif. Si tu tiens au sel, passe par la voie indirecte : du sel dans une assiette creuse, une seconde assiette par-dessus, la pierre dedans, sans aucun contact.
Recharger. À la pleine lune, une nuit, à l'abri de l'humidité.
Précautions
Pierre assez tendre : évite les chocs, les rayures et les produits d'entretien. Retire-la avant de te laver les mains ou de nager.
Beaucoup de lapis du commerce sont teints ou stabilisés. Si tu portes une pièce coûteuse, demande la provenance.
Ne pas la confondre
La sodalite. Bleue, sans points dorés de pyrite, avec des veines blanches.
La lazurite pure. Plus rare, sans calcite.
Le lapis teint. Bleu trop vif, et qui déteint sur un tissu humide.
Dans l'atelier
Le lapis-lazuli est une des pierres profondes de l'atelier. Retrouve les créations en lapis-lazuli dans la boutique, quand une pièce naît.




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